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Les vrais chiffres du m-commerce en France

Parmi les questions récurrentes que nous posent les e-commerçants, la question de la réalité des chiffres du m-commerce occupe une (très) grosse place !Comment on se situe par rapport aux autres e-commerçants sur le mobile ? ”, “Est-ce que nos taux de conversion sur mobile sont dans la moyenne du marché ? ”, etc.

Autant de questions qui nous ont incités à vouloir démystifier les chiffres qui circulent sur l’état du commerce mobile en France. Nous avons réalisé un benchmark inédit à partir d’un échantillon de 50 e-commerçants en France avec lesquels nous avons échangé ou qui communiquent publiquement leurs chiffres sur mobile. On s’est amusés à comparer ce benchmark avec les chiffres de marché existants. En voici les principaux enseignements.

La part du mobile dans le trafic e-commerce a explosé depuis 2 ans

Vous allez dire qu’on enfonce des portes ouvertes…et bien, tant pis. Il faut bien commencer par le commencement. A savoir que les utilisateurs, vos clients, ne peuvent plus se passer de leurs portables et consultent de façon de plus en plus frénétique les sites e-commerce depuis leurs mobiles.

Le Shopping Index de Demandware nous permet de prendre la mesure de l’explosion du trafic sur mobile ces dernières années. En à peine 3 ans, la part du mobile dans le trafic des sites e-commerce en France a plus que doublé, passant de 19% au Q1 2014 à 47% au Q4 2016.

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Source : Demandware Shopping Index

Le mobile représente près de la moitié du trafic des sites e-commerce

Ainsi, presque la moitié des visites des sites e-commerce se fait depuis un smartphone. Cela fait beaucoup aux yeux de certains. Les chiffres de Demandware ne sont en effet pas forcément représentatifs car ils reposent sur les données de gros sites e-commerce (au moins plusieurs centaines de milliers de VMU), souvent plus avancés sur mobile.

Avec Tapbuy, nous avons réalisé un benchmark auprès d’un échantillon de près de 50 e-commerçants et leur avons demandé la part représentée par le mobile dans leur trafic. Nous avons complété cet échantillon avec des acteurs qui publient leurs chiffres sur mobile. Au final, on n’est pas très loin des chiffres de Demandware.

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Source : Tapbuy

En moyenne, le mobile représente 40% du trafic des sites e-commerce interrogés. Les écarts entre acteurs peuvent être importants avec des parts du mobile dans le trafic qui varient de 30% à 65% pour les players les plus avancés. C’est le cas par exemple d’un acteur comme Showroomprivé où le mobile a représenté 77% du trafic en 2016 (en incluant le trafic sur tablettes).

Les ventes réalisées sur mobile sont en forte hausse…

Conséquence logique de la hausse du trafic mobile, une forte augmentation des ventes mobiles sur ces dernières années.

Quasiment inexistantes il y a encore quelques années, les ventes mobiles constituent désormais le moteur de la croissance du e-commerce en France. Si on regarde la période 2014-2016, les ventes sur mobile ont augmenté de 34% par an versus 10% par an pour les ventes desktop.

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Sources : Fevad (inclut tablettes), Analyses Tapbuy

On pourrait sauter à la conclusion que tout va mieux dans le meilleur des mondes pour les e-commerçants et qu’ils ont déjà parfaitement adressé le sujet du mobile. On irait cependant un peu vite en disant cela.

…mais la part du mobile reste très minoritaire dans les ventes

Si on regarde plus finement les chiffres, le mobile (smartphone uniquement) représente une part encore relativement faible des ventes e-commerce en France.

La part du mobile (smartphone uniquement) dans les ventes e-commerce en France n’a ainsi représenté que 7% des ventes en 2016 selon nos estimations.

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Source : Fevad, Criteo, Analyses Tapbuy

Ce chiffre de 7% reflète la réalité du m-commerce pour les 180,000 sites e-commerce recensés en France. L’échantillon interrogé par Tapbuy, constitué de e-commerçants leaders dans leurs secteurs respectifs, révèle une réalité plus nuancée et plus positive pour le secteur.

En effet, la part des ventes réalisées sur mobile par les e-commerçants interrogés est plus importante et représente 18% de leurs ventes. Chiffres à prendre avec précaution bien sûr car il s’agit de déclaratif mais qui montrent néanmoins que les plus gros acteurs sont plus avancés sur le sujet du mobile que le reste du marché.

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Source : Tapbuy

Encore ici, les écarts entre acteurs peuvent être importants avec certains des e-commerçants les moins avancés qui ne réalisent pas plus de 5% de leurs ventes sur mobile et les plus avancés qui réalisent déjà la moitié de leurs ventes sur mobile.

Le mobile convertit 3 fois moins que le desktop

Néanmoins, la part du mobile dans les ventes e-commerce est loin du niveau de la part du mobile dans le trafic e-commerce. Cet écart signifie que les gens qui visitent un site e-commerce sur mobile sont en proportion moins nombreux à acheter que les visiteurs du même site sur desktop.

Ou encore en langage e-commerce, le taux de conversion sur mobile est bien inférieur à celui observé sur desktop. Dans quelles proportions ?

Dans notre benchmark de 50 e-commerçants, le taux de conversion sur mobile s’avère être 3 fois inférieur au taux de conversion sur desktop.

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Source : Tapbuy

Quand on regarde les performances par acteur, on constate que plus de 50% des e-commerçants ont des taux de conversion sur mobile qui sont au moins 3 fois inférieurs à ceux du desktop. L’un des acteurs interrogés avait ainsi un taux de conversion sur mobile 8x inférieur à son taux sur desktop !

En revanche, certains acteurs sortent du lot avec 21% des sites e-commerces interrogés qui ont des taux de conversion sur mobile moins de 2x inférieurs à ceux du desktop. Le meilleur acteur a même un taux de conversion inférieur de seulement 50% à celui du desktop.

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Source : Tapbuy

On espère que ce benchmark vous permettra de mieux situer dans le paysage du m-commerce français. Encore une fois, il ne s’agit pas de donner une photo parfaitement fidèle du marché mais plutôt de mettre un peu plus de couleurs sur des chiffres qui sont parfois trop abstraits ou contradictoires.

Et le reste du monde alors ?

Dans une prochaine édition, nous comparerons les chiffres du m-commerce en France avec le reste du monde. Comme souvent, on ne s’est pas levés les premiers…Stay tuned for the next episode !